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 l'histoir de la ville de mostaganem

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AuteurMessage
VAM.
Admin


Messages : 188
Date d'inscription : 27/07/2009
Age : 27
Localisation : Mostaganem

MessageSujet: l'histoir de la ville de mostaganem   Lun 17 Aoû - 13:59

Les Romains connaissaient un port de “Murustaga” qui
était vraisemblablement situé dans les environs de la ville actuelle.
Sous le règne de l'Empereur Gallien, l'Afrique septentrionale fut
désolée par d'effroyables tremblements de terre.







Presque
toutes les villes du littoral furent submergées et des sources d'eau
salée jaillirent en beaucoup d'endroits; Peut-être faut-il attribuer à
ces catastrophes l'aspect abrupt de la côte de Mostaganem, qui,
effectivement semble conserver les traces d'un bouleversement.
Quoi
qu'il en fût, à partir de cette époque, il n'est plus question du port
de “Murustaga” qui a dû, alors, être englouti par la mer avec une
partie du rivage. Les géographes arabes font mention de Mostaganem,
petite ville, située dans le fond d'un golfe, entourée de murailles,
avec des bazars, des bains, des jardins, des moulins à eau, mais ils ne
disent rien de précis quant à la fondation de cette cité. On attribue à
Youssef ben Tachefin, l'Almoravide, la fondation de “Bordj el Mehal”,
l'ancienne citadelle de Mostaganem, aujourd'hui convertie en prison.

Youssef régna de 1061 à 1106.

Mostaganem
tomba au pouvoir des Mérinides en 1200. L'un d'eux, Abou-Einan, fit
construire la mosquée en 1342. Il est à remarquer que, depuis
l'expulsion des Morisques d'Espagne, jusqu'à la fin du XVIII° siècle
(?) Mostaganem fut, après Tlemcen, la ville la plus importante du
Beylick de l'Ouest. Son histoire est intimement liée à celle des luttes
qui mirent aux prises les Turcs d'Alger et les Espagnols d'Oran.
Mostaganem, en effet, de par sa situation géographique, fut toujours
une base d'attaque contre Oran pour un ennemi venant de l'Est, et une
base d'opérations contre Alger pour un agresseur parti de l'ouest. La
ville passe, en 1516, sous la domination des Turcs. Elle fut alors
agrandie et fortifiée par Kheir ed Din. En 1551, Mohamed el Haran, fils
du Chérif Mohamed el Mehdi, sultan du Maroc, s'empare de Mostaganem,
d'où il poursuit sa marche sur Alger. Mais, il est arrêté, sur les
bords du Chelif, par Hasan Corso qui le bat et reprend la ville. Cinq
ans plus tard, en 1556, le même Hasan Corso, marchant sur Oran,
concentre ses forces à Mostaganem, où sa flotte débarque artillerie,
vivres et munitions. En 1563, Hasan Pacha, préparant le fameux siège de
Mers-el-Kébir, fait, également, de Mostaganem, sa base d'attaque et y
réunit ses forces de terre et de mer.

En
1568, Euldj Ali, se disposant à mettre le siège devant Oran et à faire
ensuite une descente en Espagne, pour seconder une rébellion des
Morisques qui s'y préparait, dirigea une armée de 14.000 mousquetaires
et de 60.000 auxilliaires indigènes sur Mazagran et Mostaganem, où il
avait envoyé d'avance du canon et 14.000 chameaux, chargés de poudre.
Il suffit de ces quelques exemples pour expliquer les trois tentatives
que fit le comte d'Alcaudète pour s'emparer de Mostaganem. Bien
qu'après sa mort, les Espagnols n'aient plus paru disposés à une
entreprise sérieuse contre cette place, les Turcs et les Maures
restèrent toujours sur leurs gardes, dans la crainte de quelque coup de
main.









En
1589, un soldat du château de Santa-Cruz déserta et se rendit auprès du
gouverneur de Tlemcen, le caïd Ali, auquel il annonça, pour se faire
bien accueillir comme porteur d'une nouvelle d'importance, que le
gouverneur d'Oran faisait des préparatifs, pour aller, sous peu de
jours, emporter Mostaganem par escalade. Le caïd envoya aussitôt, de la
garnison de Tlemcen, 120 janissaires et prit dans le château de Mascara
tous les Turcs qu'il put trouver. Il arriva, à Mostaganem, le 7 mars
1589 et y réunit tous les gens de guerre des bourgs et des campagnes.
Ceux-ci restèrent de garde dans la ville et ne s'aperçurent qu'au bout
de 17 jours qu'ils avaient été mystifiés.

Quand Oran, tombée

au pouvoir des Turcs, en 1708, eut été reprise, en 1732, par les
Espagnols, Mostaganem fut le siège du vilayet, successivement, sous les
Beys Bou-Chalar'am, Youssef, Mustapha-l-Ah'mar. Elle
fut, dans le même temps, un centre intellectuel hautement estimé. Une
tradition veut qu'à certaines époques, quand le vent soufflait de
Mostaganem, les habitants de Mascara gravissant avec leurs enfants,
l'une des montagnes dominant leur cité, plaçaient leur progéniture, le
visage tourné vers Mostaganem, pour leur faire respirer, avec ce
souffle béni, les émanations de la science et de la vertu dont la ville
était le séjour. Lors de l'expédition d'O'Reilly contre Alger, en 1775,
alors que les beys de l'Est et du Titteri avaient amené tous leurs
contingents pour combattre les Espagnols, le bey de l'Ouest, Ibrahim,
resta en observation auprès de Mostaganem, que l'on craignait de voir
enlevée par les gens d'Oran. Seul, son khalifa, à la tête de 4.000
cavaliers de Douairs vint renforcer, sous les murs d'Alger, la mahalla
du “Khazbadji”.

Il est surprenant, dans ces conditions, que les

Espagnols, depuis Alcaudète, n'aient plus fait d'efforts pour conquérir
une place qui pouvait être considérée, à juste titre, comme le
boulevard de leurs possessions d'Oran et de Mers-el-Kébir. Mais, si les
Espagnols renoncèrent à prendre Mostaganem, ils ne négligèrent pas d'y
entretenir, constamment, des intelligences. Ils avaient, à leur solde
des agents de renseignements, Juifs pour la plupart, et des “Moros de
paz” (Maures de paix) qui venaient, fréquemment à Oran, pour y vendre
des marchandises et apporter des renseignements qui leur étaient bien
payés.

Ces espions indigènes se livraient, à l'occasion, au

“Ter'tis” ou enlèvement des Musulmans isolés qu'ils capturaient et
venaient vendre comme esclaves à Oran. Quelquefois, le caïd de
Mostaganem, lui-même, fournissait les informations. On voit, en juin
1852, l'auteur de Don Quichotte, Cervantès, apporter au roi d'Espagne
des lettres du capitaine général, contenant des renseignements donnés
par de caïd sur "l'état de la province, les tribus et les affaires
d'Alger”.

Malgré ces tribulations, attirées par la fertilité su

sol, de nombreuses familles maures vinrent d'Espagne se fixer sur le
territoire de Mostaganem. De grandes exploitations agricoles furent
entreprises. La culture du coton fut importée avec succés. Les villes
de Mostaganem, de Tigditt et de Mazagran comptaient, vers la fin du
XVIII°siècle, une population d'environ 40.000 âmes. Elles étaient le
centre d'un commerce florissant. Cette situation se prolonge jusqu'au
début du XIX° siècle, époque à laquelle toute la région est violemment
troublée par les difficultés, causées à la domination turque des beys
d'Alger, par le sultan de Fez. Les Hachems de Sidi-Mahieddine el
Moktari, mokaddem des Kadria, les congrégations chérifiennes des
Derkaoua et des Tidjania sont en tête du mouvement. La nouvelle du
succès des troupes du maréchal de Bourmont, entrées le 5 juillet 1830,
dans Alger des beys turcs, est à peine répandue dans le pays que l'on
apprend l'arrivée, à Tlemcen, le 17 novembre 1830, du corps
expéditionnaire de Moulay-Ali, neveu du sultan. Ses émissaires secrets
parcourent le Chélif et poussent jusqu'à Médéa.

Le caïd Driss

adresse une proclamation aux habitants de Mostaganem et d'Arzew et, à
la tête d'une partie du "gueich” marocain, entreprend la soumission des
tribus des Douairs et Smelas qui n'avaient pas encore apporté leur
"beïa” au khalifa du sultan. La présence, à Mers-el-Kébir, du général
Damrémont, et le mécontentement de certaines tribus de la province,
causé par l'emprisonnement de Mustapha ben Ismaël, agha des Douairs,
amènent le sultan à rappeler, à Fez, son corps expéditionnaire (mars
1831).

Cependant, dans les jardins verdoyants de la guethna de

l'oued Hamman, grandissait le fils du mokaddem des Kadrias : Abdelkader
ben Mahieddine, celui qui devait, quelques mois plus tard, devenir
"Emir al Muminin” (commandeur des croyants). Le père, récemment promu à
la dignité de khalifa du sultan, se sentait trop vieux pour continuer
la lutte avec fruit. Une apparition, à Sidi-Laradj, vénérable ermite du
Saint, l'Unique, le Faucon gris, Abdelkader el Djilanni, fondateur des
Kadrias, montra un trône, émergeant d'une foule de sièges vides, et
destiné, aux dires du Saint, à El Hadj Abdelkader ould Mahieddine.
Le
21 novembre 1832, au milieu des tribus, rassemblées à Ersebieh, aux
portes de Mascara, il le fait proclamer sultan. Diplomate avisé,
Abdelkader se contente, pour l'instant, du titre d'émir et de succéder
à son père comme khalifa du sultan. Dès sa prise de commandement, le
jeune chef devait se heurter à de graves difficultés : rivalités
personnelles, envie et jalousie. Le turc Ibrahim, entr'autres,
s'intitule bey de Mostaganem. Mohamed ben Tahar, ancien éducateur de
l'émir, entretient à Arzew, des relations avec les chefs français
d'Oran. Dans le Chélif, Si el Aribi, repousse dédaigneusement le
“hachem de zaouïa”. Les Angad, avec El-Ghomari, les Ouled Sidi-Cheick,
les Tidjania tirent de leur côté. La ténacité ardente de l'émir
triomphe de ces défections et, dès avril 1833, celui-ci commence à
harceler les Français jusque dans les faubourgs d'Oran.
Maître
de Tlemcen, le 7 juillet de la même année, il décide de frapper, dans
les plaines du Bas-Chélif, Si el Aribi qui lui est encore hostile.
Mais, le chef français d'Oran, le général Desmichels le devance et,
brusquement, le 28 juillet 1833, se présente devant Mostaganem. Sans
défiance, le turc Ibrahim, qui, depuis un an, pactise avec les
Chrétiens, vient au devant du général français, revêtu de ses habits de
cérémonie et des insignes de sa qualité de bey. A sa grande
stupéfaction, il se voit traité en suspect par Desmichels. Celui-ci
occupe la ville, et place, séance tenante, une garnison française dans
chacun des forts.

Le lendemain matin, les vagues des cavaliers

arabes de l'émir Abdelkader déferlent contre les remparts de
Mostaganem, mais, s'étant heurté à des forces et à une résistance
inattendues, ceux-ci doivent, après une journée d'efforts infructueux,
battre en retraite. Abdelkader devait bientôt prendre sa revanche. Par
son accord du 26 février 1834, avec le général Desmichels, négocié par
deux Juifs habiles : Amar-Mardoukaï et Bacri-Busnach, il obtient le
droit d'acheter des armes et des munitions et d'exercer un contrôle
permanent du commerce du port d'Arzew, dont il fait l'aboutissement des
chargements de l'intérieur, au détriment des ports d'Oran et de
Mostaganem.
Vite remis de sa défaite du ravin de Sikkah, l'émir
tient la campagne de Tlemcen à Médéa et du Chélif à la Mitidja. Il
signe, le 30 mai 1837, avec Bugeaud, le traité de la Tafna, qui lui
attribuait la totalité de la province d'Oran à l'exception des villes
d'Oran, Arzew, Mostaganem et Mazagran, et une part de la Province
d'Alger.







la nouvelle place du marché à Mostaganem. Parue dans Le Monde Illustré
(vue prise des abreuvoirs, d'après le croquis de M. L. de Nabat)
difficile
de reconnaître un coin de Mostaganem dans ce dessin : moulin à vent,
dromadaire, proximité de la mer ; seule la poterne à droite ressemble à
celle qui jouxtait la porte de Mascara et devant laquelle il y avait
bien un marché.


Ces
gains considérables ne suffisent pas au fils de Mahieddine. Il veut
appuyer sa domination à la frontière tunisienne. Ses "harkas” s'étirent
jusque par-delà les monts Bibans. Pendant ce temps, ses lieutenants
continuent, dans l'ouest, à tenir en haleine les tribus, toujours
prêtes à se soulever. Ces harcèlements n'épargnent pas le région de
Mostaganem et le début de 1840 voit les 12.000 cavaliers de Mustapha
ben Thami échouer devant Mazagran, héroïquement défendue par une
poignée de braves, sous le commandement du capitaine Lelièvre.

C'est

la dernière phase des opérations militaires d'envergure. La prise de la
smala de l'émir, près d'Aïn-Taguin, le 14 mai 1843, la victoire
décisive de Bugeaud, sur les bords de l'Isly, le 14 août 1844, sur les
troupes du lieutenant d'Abdelkader : Moulay-Mohammed, aboutissent à la
signature du traité de Tanger entre la France et le Sultan (11
septembre 1844). Mis hors la loi, traqué de toutes parts, l'émir al
Muminin, remet, enfin, son épée, le 23 décembre 1847, au général
Lamoricière, devant le marabout de Sidi-Brahim.

Le canon se tait : l'ère de la colonisation est commencée.


La

proclamation de la République, le 24 février 1848, amena, sur le plan
politique, comme au point de vue administratif, l'assimilation de
l'Algérie à la Métropole. De cette époque date sa division en
départements et arrondissements, à la tête desquels furent placés des
préfets et des sous-préfets. Le décret du 27 juillet érigea Mostaganem
en sous-préfecture.

Extraite du Guide pratique de Mostaganem et de sa Région (1938)
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