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 Mostaganem mémoire des Saints

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AuteurMessage
VAM.
Admin


Messages : 188
Date d'inscription : 27/07/2009
Age : 27
Localisation : Mostaganem

MessageSujet: Mostaganem mémoire des Saints   Lun 17 Aoû - 14:40


De Sidi Lakhdar Ben Khlouf Au Cheikh Ben Alioua




Pour de nombreux visiteurs, la ville de Mostaganem apparaît comme une cité
où s’élèvent des dômes, des sanctuaires et mausolées “Qibbab” en
hommage aux saints dont la tradition à ce jour perpétue la visite des
familles aux “Dharih” (tombeaux) des Awliya Salihine enterrés et
recouverts de catafalques. C’était pour nous une occasion de revisiter
la contrée de cette belle ville dont le charme et la beauté du site
reflètent l’hospitalité d’une Médina d’art et de culture. Merveilleuses
étaient les mélodies que nous avons écoutées lors du Festival de la
musique traditionnelle pour enfants organisé par le Nadhi El Hillal
Ethakafi de Mostaganem dont la création remonte à 1902. C’est une ville
où on savoure toute la richesse de la poésie populaire. Nous avons été
fascinés par l’engouement et la disponibilité des gens du Nadhi, qui
ont montré un sens élevé de l’action associative. Notre intention n’est
pas ici de raconter ou de décrire l’ambiance du festival, mais beaucoup
plus de parler de deux personnages qui ont marqué la vie mystique et
religieuse dans le Dahra. Il s’agit de Sidi Lakhdar Ben Khlouf et du
Cheikh El Alaoui. Nous avons quitté cette belle ville et le souvenir en
nos mémoires traduit les discussions enrichissantes que nous avons eues
lors des visites à la sépulture et au Mausolée de Sidi Lakhdar Ben
Khlouf ou dans la Zaouia des Allaouine. La Fatiha en hommage aux Awlya
Salihine que nous avons lue face aux catafalques de leurs tombes, la
Khassa dans le patio nous amènent à nous rappeler quelques vers de Sidi
Lakhdar Ben Khlouf dans “Ya Taj Al Anbya Al Kiram” (Couronne des Nobles
Prophètes). Ce grand poète, barde et mystique du Dahra, dont nous avons
eu à visiter le sanctuaire qui l’abrite, n’a chanté que le Prophète et
même s’il n’a pas réalisé son vœu d’aller entreprendre le pèlerinage,
il a vu dans son rêve quatre-vingt-dix-neuf fois le Prophète Mohamed
(QSSL), qui fut l’unique objet de son amour qui lui a même accordé une
centième fois en lui rendant visite dans la réalité. Sidi Lakhdar Ben
Khlouf, le panégyriste du Prophète C’était le serment qu’il avait fait
dans le poème de deux cent vers qui commençait par “Dieu te bénisse, ô
Toi qui as toutes les perfections; Sois béni autant de fois qu’il y a
de plantes sur la terre; ô Toi, flambeau qui illumine les nuits noires;
ô ! Couronne des nobles prophètes”. Oui, comme nous avons eu à en
discuter avec le Wakil du sanctuaire, Sidi Lakhdar Ben Khlouf, ce poète
du XVIe siècle, est le plus populaire de son époque. Sa généalogie, il
la tient, dit-on, de Saquiet El Hamra, mais sa famille s’est établie
dès le XIVe siècle chez les Maghraoua, qui est une tribu berbère que
Marmol place dans les montagnes de Medjeher près de Mazagran et
Mostaganem entre le Habra et le Chélif. Les Béni Ziane qui ont régné à
Tlemcen sont des Maghraoui. Il existe des Maghraoui du côté de Biskra
entre Kalaât El Hammam et El Outaya. Dans le Grand Atlas, au Maroc, les
Zénata occupèrent le djebel Meghraoua. Le jeune Belkacem Lakhdar Ben
Abdellah Ben Khlouf qui a appris le Coran appartenait à la tribu des
“Azafria”. Très jeune, vers 1516, il se souvenait du protectorat
espagnol sur Ténès et ses environs et de l’Emir Yahia Ziani et de
Khaïredine Bacha Abdellah, qui a passé toute sa jeunesse à Mazagran,
participa à la bataille contre les Espagnols qui a eu lieu en 1558. Il
fut la gloire de la poésie populaire algérienne. Sa célébrité s’est
répandue au-delà des Béni Chougrane et de Mascara où il a passé
quelques années de sa vie. Des le Med’h “El Kheïma” chanté dans l’école
de Constantine et s’il faut remonter à la pièce “Bit Ech’âar” (maison
de poils) et la fameuse victoire des Algériens sur les Espagnols à
Mazagran en 1554, où mourut le comte Alcaudete, victoire d’ailleurs
immortalisée dans le chant de Ben Khlouf

Si
Lakhal ou Si Lakhdar, il fut un grand barde de la poésie populaire,
mais exclusivement religieuse, Lakhdar Ben Khlouf a laissé beaucoup de
poèmes dont celui du chameau, légendaire par ses images si poétiques
“Men sabli Hejhouj H’mar Yeswa men el ‘ibriz mya” (un chameau rouge qui
vaudrait cent dinars, telle une gazelle qui fuirait son ombre). Lumière
des yeux et de l’esprit Il connaîtra à Tlemcen Sidi Boumédienne en 1212
J.-C./594 H. Après ce séjour où il s’est formé dans les sciences
mystiques, il revint habiter chez ses oncles à Ouled Brahim à 20 km de
Mostaganem. En illustre panégyriste du Prophète, resté orphelin de père
très jeune, il chérira sa mère Kella. Il décédera à l’âge de 125 ans.
Un seul diwan de Sidi Lakhdar Ben Khlouf a été publié à Rabat en 1956
et qui comportait 31 pièces, inexistant dans nos bibliothèques. Nous
continuons à écouter Maâzouz Bouadjadj sans que personne n’ait eu à
enregistrer ces chants à la gloire du Prophète. Il faut dire que le
chant mystique, chanté dans de nombreuses poésies maghrébines, nous
amène à parler un peu de la visite que nous avons entreprise dans la
Zaouia des Allaouine. Notre propos ici est de remonter la généalogie de
nos ancêtres et par la même occasion remercier ceux des imams qui nous
ont reçus chaleureusement. Généalogie du Cheïkh El Aloui En effet la
biographie du Cheïkh Ben Alioua (Ahmed Ouled Mostefa) dit qu’il est né
en 1872 à Mostaganem et mourut le 14 juillet 1934 et enterré dans la
Zaouia même. Il poursuivit ses études sous la direction du Cheïkh
Bouzidi, des Darkaoua-Habrias, savant réputé dont il reste l’élève
préféré. A la mort de Bouzid en 1909, Ben Alioua entreprend un voyage
en Egypte, Syrie, Perse et dans l’Inde. Il apprendra la thaumaturgie,
l’ésotérisme, la théosophie et l’occultisme. A son retour il rompt avec
les Darkaouas. Le voilà chef d’école. Son succès est éclatant, rapide,
marqué par la fondation à Alger et à Mostaganem de deux importantes
Zaouias et de son journal hebdomadaire en langue arabe El Balagh El
Djazaïri. Son éloquence, son savoir étendu font de cet infatigable
Sâlih un mystique moderniste. Une foi débordante, une attitude
conciliante Cheïkh Ben Alioua avait, dit-on, un regard agile, lucide et
d’une singulière attirance. Très courtois et d’attitude conciliante, il
présentait le type même du Cheïkh évolué. D’une sincérité et d’une
probité spirituelle remarquables, Ben Alioua avait une foi débordante,
communicative, tout en lyrisme jaillissant. Il appartenait, rapporte A.
Berque, à cette classe d’esprits si fréquents en Afrique du Nord, qui
peuvent passer sans transition de la rêverie à l’action. Son activité
intellectuelle s’aiguisait chaque jour jusqu’à son dernier souffle.
Mais il resta un fervent de la métaphysique. “Ses yeux de visionnaire
et ses longues mains dont les gestes semblaient alourdis par le flux de
sa Baraka. La cadence des chants et des incantations rituelles semblait
se perpétuer en lui par des vibrations sans fin. Sa tête se mouvait
parfois dans un bercement rythmique, pendant que son âme était plongée
dans les inépuisables mystères du Nom Divin, caché dans le Dhikr. On
l’entourait de la vénération que l’on devait à la fois au Saint, au
Chef, au Vieillard, au Mourant” disait de lui Frithjof Schuon, in
Cahiers du Sud Août/Septembre 1935. MOSTAGANEM : MEMOIRE DES SAINTS /
De Sidi Lakhdar Ben Khlouf au Cheikh Ben Alioua Pour de nombreux
visiteurs, la ville de Mostaganem apparaît comme une cité où s’élèvent
des dômes, des sanctuaires et mausolées “Qibbab” en hommage aux saints
dont la tradition à ce jour perpétue la visite des familles aux
“Dharih” (tombeaux) des Awliya Salihine enterrés et recouverts de
catafalques. C’était pour nous une occasion de revisiter la contrée de
cette belle ville dont le charme et la beauté du site reflètent
l’hospitalité d’une Médina d’art et de culture. Merveilleuses étaient
les mélodies que nous avons écoutées lors du Festival de la musique
traditionnelle pour enfants organisé par le Nadhi El Hillal Ethakafi de
Mostaganem dont la création remonte à 1902. C’est une ville où on
savoure toute la richesse de la poésie populaire. Nous avons été
fascinés par l’engouement et la disponibilité des gens du Nadhi, qui
ont montré un sens élevé de l’action associative. Notre intention n’est
pas ici de raconter ou de décrire l’ambiance du festival, mais beaucoup
plus de parler de deux personnages qui ont marqué la vie mystique et
religieuse dans le Dahra. Il s’agit de Sidi Lakhdar Ben Khlouf et du
Cheikh El Alaoui. Nous avons quitté cette belle ville et le souvenir en
nos mémoires traduit les discussions enrichissantes que nous avons eues
lors des visites à la sépulture et au Mausolée de Sidi Lakhdar Ben
Khlouf ou dans la Zaouia des Allaouine. La Fatiha en hommage aux Awlya
Salihine que nous avons lue face aux catafalques de leurs tombes, la
Khassa dans le patio nous amènent à nous rappeler quelques vers de Sidi
Lakhdar Ben Khlouf dans “Ya Taj Al Anbya Al Kiram” (Couronne des Nobles
Prophètes). Ce grand poète, barde et mystique du Dahra, dont nous avons
eu à visiter le sanctuaire qui l’abrite, n’a chanté que le Prophète et
même s’il n’a pas réalisé son vœu d’aller entreprendre le pèlerinage,
il a vu dans son rêve quatre-vingt-dix-neuf fois le Prophète Mohamed
(QSSL), qui fut l’unique objet de son amour qui lui a même accordé une
centième fois en lui rendant visite dans la réalité.

Sidi
Lakhdar Ben Khlouf, le panégyriste du Prophète C’était le serment qu’il
avait fait dans le poème de deux cent vers qui commençait par “Dieu te
bénisse, ô Toi qui as toutes les perfections; Sois béni autant de fois
qu’il y a de plantes sur la terre; ô Toi, flambeau qui illumine les
nuits noires; ô ! Couronne des nobles prophètes”. Oui, comme nous avons
eu à en discuter avec le Wakil du sanctuaire, Sidi Lakhdar Ben Khlouf,
ce poète du XVIe siècle, est le plus populaire de son époque. Sa
généalogie, il la tient, dit-on, de Saquiet El Hamra, mais sa famille
s’est établie dès le XIVe siècle chez les Maghraoua, qui est une tribu
berbère que Marmol place dans les montagnes de Medjeher près de
Mazagran et Mostaganem entre le Habra et le Chélif. Les Béni Ziane qui
ont régné à Tlemcen sont des Maghraoui. Il existe des Maghraoui du côté
de Biskra entre Kalaât El Hammam et El Outaya. Dans le Grand Atlas, au
Maroc, les Zénata occupèrent le djebel Meghraoua. Le jeune Belkacem
Lakhdar Ben Abdellah Ben Khlouf qui a appris le Coran appartenait à la
tribu des “Azafria”. Très jeune, vers 1516, il se souvenait du
protectorat espagnol sur Ténès et ses environs et de l’Emir Yahia Ziani
et de Khaïredine Bacha Abdellah, qui a passé toute sa jeunesse à
Mazagran, participa à la bataille contre les Espagnols qui a eu lieu en
1558. Il fut la gloire de la poésie populaire algérienne. Sa célébrité
s’est répandue au-delà des Béni Chougrane et de Mascara où il a passé
quelques années de sa vie. Des le Med’h “El Kheïma” chanté dans l’école
de Constantine et s’il faut remonter à la pièce “Bit Ech’âar” (maison
de poils) et la fameuse victoire des Algériens sur les Espagnols à
Mazagran en 1554, où mourut le comte Alcaudete, victoire d’ailleurs
immortalisée dans le chant de Ben Khlouf “Ya Farès Men Tem Jit El Youm”
(ô cavalier, Je viens aujourd’hui de là-bas). Le chant édifiant de Sidi
Lakhdar Ben Khlouf “Ya haïra Ftakri lilet maghdak” (âme égarée, pense
au jour de ton départ).






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