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 Logiques et organisation du Ksar

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AuteurMessage
VAM



Messages : 44
Date d'inscription : 29/07/2009

MessageSujet: Logiques et organisation du Ksar   Ven 16 Oct - 17:43



Des travaux de restauration des Ksour sont lancés depuis 2001, dans le cadre du Fonds spécial du Sud et des Hauts Plateaux.
Les espaces relevant du sacré sont également touchés par ces restaurations. Nous avons été amenés à constater, avec amertume, combien ces travaux dits «de restauration» restent tributaires d’un «pastichisme» accru, mené sans attaches avec les facteurs spirituels et symboliques dont s’inspire la logique même de ces édifices. En parallèle, un sérieux déficit est à relever en matière d’études approfondies sur les ksour. Ce sont ces constats qui nous ont amenés à essayer de comprendre, quelles sont les véritables logiques qui déterminent l’organisation, l’aménagement et l’occupation de l’espace.

C’est ainsi que nous nous sommes intéressés à l’architecture du sacré dans le milieu ksourien. C’est cette dernière qui nous intéresse, car elle témoigne d’habitudes architecturales qui expriment et perpétuent différentes mentalités propres et originales, en dépit de l’empreinte profonde «uniformisation ». Les édifices du sacré, par leurs charges en «indices fossilisés», sommes-nous tentés de dire, offrent à l’ethnologie de précieux témoignages sur l’évolution des populations, sur leurs origines, sur leurs migrations et plus encore sur les influences et les échanges interethniques. (1).


La production des formes architecturales obéit à un processus long et complexe qui aboutit à une modélisation physique. Le modèle produit est imprégné par différents aspects qui agissent individuellement ou collectivement sur l’objet produit (aspect technique, économique, climatique, sociologique et religieux). Chaque aspect se manifeste par des éléments physiques particuliers qui structurent l’organisation spatiale et créent la forme ou les formes de la maison, du quartier voire de la ville. Dans son livre «Pour une anthropologie de la maison» Amos Rapoport montre que les explications à partir du climat, des matériaux de la technologie, du site, de l’économie restent insuffisantes pour expliquer la forme. D’autres paramètres plus complexes d’ordre culturel, moral et spirituel interviennent d’une manière moins évidente certes, mais bien certaine (2). Contrairement à une vision purement technique assez répandue chez les urbanistes et les architectes, les ksour ne sont pas seulement le produit de logiques physiques; ils sont, très souvent même, le résultat de croyance et d’attitudes spirituelles. L’architecture, comme discipline avec ses ramifications, est souvent inapte à expliquer de manière convaincante la naissance et le développement de certains établissements humains. L. Mumford, dans son ouvrage, «La cité à travers l’histoire» (3), a montré comment l’homme obéit, dans le choix de ses sites d’implantation, à des paramètres divers et difficilement quantifiables.


De prime abord, notre réflexion s’inscrit dans une «démarche» libérée des réflexes stéréotypés qui, par excès de «rationalité» ont rendu l’architecture comme l’urbanisme des disciplines entièrement instrumentales. Par notre questionnement nous avons installé une dualité, en mettant le matériel et l’immatériel ensemble au coeur d’une problématique d’architecte: «quel serait la part du spirituel dans l’édification des ksour?». Pour l’ensemble des cas étudiés, le site d’implantation des ksour à travers les représentations sociales reste aléatoire; il serait ainsi dû plus au hasard des choses qu’à leur nécessité. Les errements des hommes, le bon vouloir de leur monture sont déterminants dans le choix des sites (4). Même la disponibilité de l’eau, qui, par nature, reste déterminante pour tout établissement de cadre de vie, est reléguée à de seconds rôles. Paradoxalement, l’eau aura gardé une valeur symbolique, hautement sacralisée mais toujours derrière la sainteté de «walî Allâh», et par là même, au coeur du spirituel.


Dans de nombreux récits, l’eau, élément matériel catalyseur de la vie, devient un sous produit de réaction entièrement générée par l’immatériel. Ainsi, tel «walî Salih» aura fait jaillir une source, là où elle n’y était point, ailleurs, tel autre, par un simple geste aura maîtrisé le cours d’un oued. Les Awalya ont été capables de transformer des espaces inhabités et hostiles en lieux de vie et de peuplement en y amenant l’eau (5). Ils sont alors, pour l’éternité, les maîtres fondateurs d’espaces, tout leur est dédié, les Qubba-t et leur architecture.


Le ksar est entouré, en général, d’un sûr (rempart). Ces fortifications constituent l’une des principales caractéristiques du ksar et de ses différentes composantes. Cependant, il y a lieu de ne pas y voir uniquement un indice militaire et autres fonctions défensives. Les murailles façonnées ont une toute autre finalité. Elles invitent à distinguer l’espace sacré de l’espace profane et ce, pour mieux et toujours s’imprégner du monde sacralisé, afin de ne pas se laisser prendre par les tentations du profane.


Une partie du ksar est constituée par sa surface cultivée appelée le terroir. Il se présente sous la forme de parcelles plantées, dont l’importance dépend de cette donnée si rare et si capitale sous les zones arides et semi-arides, l’eau. La répartition de celle-ci est liée à la consistance des parcelles cultivées, laquelle est fonction de l’influence et l’importance du groupe social (fraction, famille...).


L’horizontalité reste la règle, dominante dans l’édification des ksour. Les maisons ne sont que les tombeaux d’ici-bas. L’horizontalité détrône l’autosatisfaction et l’orgueil, elle renvoie plutôt à l’humilité et à la soumission. Quant à la verticalité, c’est l’expression même du sacré. Elle est réservée aux édifices exceptionnels: Qubba, minaret. Sa symbolique renvoie au sublime. Une autre partie du ksar, fondamentalement présente, est réservée au mort. Si le terroir assure l’approvisionnement en aliments matériels, le cimetière lui, apporte une nourriture immatérielle. Chaque matin, quant le ksouri quitte sa demeure, il le voit, le cimetière est là pour lui rappeler que tout ce qui fait sa jouissance aujourd’hui et ici bas, il le doit à ceux qui y habitent et à leur tête bien sûr le (s) «walî Salih» qui veille à partir de sa Qubba. L’installation des cimetières à la périphérie le repère spirituel, il est le protecteur du ksar et des groupes sociaux qui lui sont associés (même quand ils n’y résident plus) (6). Le tombeau(x) du Saint(s) c’est l’antichambre par laquelle et dans laquelle les deux mondes «l’éphémère et l’éternel» (Dâr Ed Duniya) et (Dar Ed Dawâm) se rencontrent, se mêlent et échangent dans un symbolisme qui reste à déchiffrer. La mise en périphérie des cimetières ksouriens est une attitude qui s’opère dans une relation de piété, de respect, de communion et de sacralité. Cet emplacement ne peut en aucun cas exprimer la «mise en écart», c’est de fait un acte de «mise en valeur».


Remarquons par ailleurs que l’accident topographique semble être privilégié par rapport au terrain plat en matière d’installation des cimetières.
Le plus souvent, et surtout pour des considérations symboliques le plat est pour le profane et l’accidenté est pour le sacré, c’est rare que nous rencontrions un cimetière implanté sur un terrain plat. Il existe plusieurs logiques d’organisation de «l’espace ksar» et les plus déterminantes, demeurent celles qui relèvent de ce que nous avons appelé «le spirituel».


Les logiques technologiques et rationnelles restent secondaires. Il nous paraît pertinent, aujourd’hui, de cesser de ne voir dans les ksour qu’une «architecture de spontanéité» sans règle ni modèle. Un autre regard s’impose par lequel «tradition» ne rime pas forcément avec «archaïque» ou «arriéré ». Ces établissements humains que nous voyons comme le produit d’une spontanéité se révèlent être, en fait, le produit d’une planification rigoureuse et autrement plus complexe que la planification actuelle, en ce sens où elle a pris en compte non seulement le rationnel mais encore et surtout l’irrationnel: le spirituel.

Références


(1)- Deffontaines. P, «Géographie et religion», Paris, Gallimard, 2ème ed., 1948, 439p.
(2)- Rapoport. A, «Pour une anthropologie de la maison», Paris, Dunod,
1972, 208 p.
(3)- Mumford. L, «la cité à travers l’histoire», Paris, 1961, 781 p.
(4)- Moussaoui. A, «Logique du sacré et modes d’organisation de l’espace dans le sud-ouest algérien», thèse 3ème cycle, 370p.
(5)- Berque. J, «Ulémas fondateurs insurgés au Maghreb», Paris, Sindbad,
1982, 297 p.
(6)- Dermenghem. E, «Le culte des saints dans l’Islam maghrébin», Paris,
Gallimard, 1954, 2° éd. 1982, 351 p.


texte écrit par :
Mustapha Ameur DJERADI , Architecte
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