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 senta cruz

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VAM.
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Messages : 188
Date d'inscription : 27/07/2009
Age : 27
Localisation : Mostaganem

MessageSujet: Re: senta cruz   Lun 24 Aoû - 20:15






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VAM.
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Messages : 188
Date d'inscription : 27/07/2009
Age : 27
Localisation : Mostaganem

MessageSujet: senta cruz   Lun 24 Aoû - 20:11




Notre-Dame de Santa CruzPlus de 150 ans d'histoire







Oran,
été 1849, horriblement chaud, de cette chaleur humide et lourde qui rend
l'organisme si vulnérable. Le fléau, qui sévissait déjà en quelques régions
d'Europe, comme l'Italie du Sud, a commencé exactement le 21 septembre, l'on ne
sait en quel coin de la ville. Dès le 25 septembre, si rapide a été la
propagation du mal, que les hôpitaux civils et militaires ne suffisent plus
pour recevoir les malades atteints du terrible choléra. Les autorités
municipales, aidées par l'armée française, que commandait alors à Oran le
général Pélissier, installèrent en plusieurs points de la ville des infirmeries
d'urgence. Les religieuses Trinitaires se dévouaient dans les hôpitaux.
Soudain, le 14 octobre Oran se réveille dans la torpeur : l'épidémie, à la
faveur de l'atmosphère surchauffée, a éclaté d'une façon foudroyante dans tous
les coins de la ville. La mort emporte en quelques jours des familles entières.



Du 14
au 31 octobre, 1172 victimes sont dénombrées. La Mère Supérieure Eugénie Belon
meurt épuisée par l'ouvrage en même temps que deux autres religieuses.
L'angoisse remplissait tous les cœurs. Quelle main serait assez puissante pour
terrasser le fléau ? Il n'y avait plus d'espoir du côté de la terre.






C'est
alors seulement qu'on songea sérieusement à se tourner du côté du Ciel. Dans
une réunion où l'on délibérait de nouveau sur l'affreuse situation, le Général
Pélissier, avec sa rondeur restée proverbiale, s'adressa à l'abbé Suchet,
Vicaire général d'Alger : "Et alors, Monsieur l'abbé ? Vous dormez ? Ne
sauriez-vous plus votre métier ?" lui dit-il brusquement. "Le choléra ?... Nous
n'y pouvons rien, ni vous, ni moi, ni personne. Vous me demandez les moyens de
l'arrêter ? Je ne suis pas curé, et pourtant c'est moi, Pélissier, qui vous le
dis faites des processions ...". Puis se tournant vers la montagne de
Santa Cruz, il ajouta : "Foutez donc une vierge là-haut et elle se chargera de jeter
le choléra à la mer".



La
chrétienne inspiration du général vint répandre dans les cœurs une lueur
d'espoir; c'est à la Reine du Ciel, à la consolatrice des affligés, que tout un
peuple allait adresser ses supplications. Le dimanche 4 novembre, partant de
l'église Saint-Louis, une procession solennelle, à laquelle assistaient toutes
les autorités civiles et militaires, se déroulait lentement à travers les rues
de la ville, escortant la statue de Marie et faisant monter vers le ciel ce cri
de douleur et d'espoir "Pace, Domine, pace populo tuo ". Après avoir
parcouru les quartiers de la Marine et ceux de la haute ville, elle franchit le
ravin Raz-el-Aïn, sortit des remparts par la porte du Santon et monta jusqu'au
plateau qui s'étend presque à mi-hauteur de la montagne.



Rien
ne saurait dépeindre le spectacle solennel qui s'offrit alors aux regards : les
porteurs déposent la statue sur un trône improvisé ; les milliers de fidèles
qui lui ont fait cortège se jettent à ses pieds, et de toute part, on entend
les gémissements et les supplications monter vers le ciel.



"Notre-Dame
de Santa Cruz, ayez pitié de nous, sauvez-nous ! " Comment la Mère de
miséricorde aurait-elle pu résister à des appels si pressants ? A peine la
procession s'est-elle remise en marche que la pluie, cette pluie si impatiemment
attendue, se déclare enfin et tombe bientôt en abondance. C'est le salut. Le
fléau cesse dès lors ses attaques et, quelques jours après, la ville est
complètement délivrée.



Dans
son éditorial du 9 novembre, l'Echo d'Oran, qui vient tout juste de naître,
annonce "Grâce à Dieu, l'épidémie a cessé "



Afin
de perpétuer le souvenir du "Miracle de la pluie" du 4 novembre 1849,
une chapelle doit être construite.



C'est
encore le général Pélissier qui s'énerve. Cette fois contre les ronds-de-cuir
du Génie militaire d'Algérie, qui refusent de céder une parcelle de terrain de
l'armée (la pointe du rocher situé entre le fort Saint-Grégoire et celui de
Santa Cruz). Là, la chapelle et la statue de la Vierge, prévues pour perpétuer
le souvenir du " Miracle de la pluie " du 4 novembre 1849,
domineraient pourtant tout Oran et seraient vues de tous ses quartiers. Un
autre emplacement est proposé par les militaires, mais la commission créée pour
la réalisation du Sanctuaire le refuse car moins spectaculaire, moins
prestigieux. Alors le général Pélissier, désespérant de convaincre ses
supérieurs du cru, les court-circuite et obtient finalement des autorités
militaires parisiennes le maintien du projet initial. Par décision du Ministre
de la Guerre en date du 20 janvier 1850, une parcelle de 560m2 est cédée et
affectée au culte catholique.



Monseigneur
Pavy, évêque d'Alger en visite à Oran, encourage les projets de la commission
dont l'Écho d'Oran a publié, dès le 28 novembre 1849, la liste des membres. S'y
retrouvent toutes les personnalités de la ville, qui se sont placées sous la
présidence du général Pélissier. Une souscription est ouverte et, très vite,
les offrandes affluent tant en argent qu'en propositions de travail, dons de
matériaux ou prêts de véhicules. Les plans sont établis, prévoyant un petit
oratoire d'architecture simple, une tour et une niche destinée à la statue de
Notre-Dame-du-Salut. Les travaux commencent et, avec eux, les premières
difficultés.



Notamment,
comment amener l'eau et les matériaux à 400m d'altitude jusqu'à l'éperon
rocheux sans route, sans chemin, sans même un petit sentier?



Déjà,
la construction du fort de Santa Cruz par les Espagnols, au siècle précédent,
avait failli être abandonnée. L'eau contenue dans des outres et tous les
matériaux avaient dû être montés à dos d'homme. Là, il va falloir créer un
sentier contournant la montagne pour rendre le site accessible par des pentes
adoucies à coups de tirs de mines et de remblais audacieux. Cet accès à peine
achevé, la première pierre du chantier est posée. Fin avril 1850, la chapelle
est sortie de terre. L'inauguration du sanctuaire, pourtant encore inachevé, a
lieu le 9 mai, jour de l'Ascension.



Notre-Dame
du
Salut va pouvoir monter en son nouvel oratoire et les Oranais lui
exprimer
leur vive et pieuse reconnaissance. La ville entière est fidèle au
rendez-vous.
Les gens sont joyeux. Émus aussi à la pensée des disparus, victimes du
choléra.
Le brouhaha s'amplifie, fait d'interpellations, de cris, de prières.
Soudain, le silence ! La statue de la Vierge, don d'une sainte femme de
la ville, paraît sur son trône de gloire...



Alors
carillonnent les cloches, tonnent les canons, s'élèvent les cantiques ! Marie
s'avance sur un char fleuri, suivi par Monseigneur Pavy, le clergé, les
autorités civiles et militaires et une immense procession d'Oranais en prière
d'action de grâce. On approche du sommet, déjà noir de monde. Le sentier ne
permet plus la progression du char ? La statue passe sur les épaules des
robustes pêcheurs qui l'encadraient ! Son arrivée sur la plate-forme déclenche
une ovation qui retentit jusqu'en ville. L'évêque d'Alger, avec tout le
cérémonial voulu, installe en son nouveau sanctuaire, l'image de Celle qu'il
vient d'établir gardienne de la Cité.



Hélas
! Réalisé un peu à la hâte, ce sanctuaire s'écroulera le 8 mars 1851. Mais il
sera reconstruit et fêté dès le mois de mai suivant pour l'Ascension.



En
1873 et 1874, une grande tour, surmontée d'une statue géante de la Vierge
viendra compléter le nouvel édifice. De ce sommet, Notre-Dame du Salut, devenue
Notre-Dame de Santa Cruz, veillera et protégera les Oranais qui l'honoreront de
réguliers pèlerinages. Ils lui feront même, en 1949, parcourir toute l'
Oranie pour fêter le centenaire du "Miracle de la
Pluie ".



C'est
en 1945 que Monseigneur Bertrand
Lacaste prit en main
le diocèse d'Oran. Il allait occuper ce siège épiscopal pendant 28 ans, au
cours desquels il consacra beaucoup d'attention et de soins au Sanctuaire, dont
il développa grandement le renom.
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senta cruz
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